Phytothérapie
Pervenche
Agricola, en 1539, signalait la Pervenche comme remède de l’angine.
Mme de Sévigné, aussi soucieuse de la santé de son entourage que de la sienne, ne manquait pas de la recommander à sa fille pour le même usage : « Guérissez-vous avec votre bonne Pervenche, bien verte, bien amère ; rafraîchissez-en cette poitrine enflammée ».
Depuis longtemps, la Pervenche est préconisée contre les hémorragies : simple et bénin saignement de nez (Mathiolle) et crachements de sang. Georges Petit la conseillait même contre l’hémoptysie des tuberculeux. Ses qualités astringentes la font employer, de plus, contre les pertes blanches et l’entérite.
Très bon tonique amer, elle est conseillée par Leclerc contre l’anémie et comme apéritif et fortifiant. Comme les autres amers, elle est aussi fébrifuge et Leclerc la recommandait contre le paludisme.
La médecine populaire l’utilise, en outre, depuis fort longtemps, pour tarir le lait des nourrices, soit seule, soit en association avec la Canne de Provence. C’est encore un très bon antidiabétique, qui amène une diminution de la glycosurie en même temps qu’une atténuation de la pénible sensation de soif. Mais là ne se bornent pas les bienfaits de l’humble petite Pervenche si chère à Claude Bernard, qui la cultivait avec prédilection de son « nid de verdure » de Saint-Julien et qui disait d’elle : « c’est une merveille de la nature. Elle reflète l’azur du ciel ».
Le laboratoire en extrait, particulièrement de l’espèce Vinca rosea de Madagascar, deux alcaloïdes actuellement employés dans la thérapeutique des maladies malignes (leucoses, maladie de Hodgkin, certains sarcomes et certains épithéliomas).
Un autre alcaloïde améliore la circulation cérébrale, dilate les petites artères et fait baisser la tension.
Enfin, pour l’usage externe, les feuilles de Pervenche sont ventées contre les ecchymoses et pour arrêter le sang des coupures. Elles entrent dans la formule des « espèces vulnéraires », dont l’infusion est recommandée pour l’usage interne et externe après des coups ou une chute.
[wptab name=’Description’]Famille des Apocynacées.
Elle porte plusieurs noms populaires : Bergère, Herbe à la capucine, Violette des sorciers, Violette des morts.
La Pervenche est une jolie petite plante qui tapisse les lieux ombragés. On la cultive aussi dans les jardins.
La Grande Pervenche (Vinca major) est la réplique exacte de la Petite en taille supérieure. Bien que la médecine populaire emploie aussi la Grande Pervenche, c’est néanmoins la Petite qui est préférée pour l’usage médical. Le Codex de 1937, d’ailleurs, ne mentionne que les feuilles de la Petite Pervenche.
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[wptab name=’Utilisation’]Interne
Décoction. 30 à 50 g de feuilles sèches par litre d’eau. Prendre 2 ou 3 tasses par jour et, pour les diabétiques, absorber la tisane (très amère) comme boisson de la journée.
Vin. 100 g de feuilles sèches hachées, macérées 10 jours dans un litre de bon vin rouge. On peut aussi verser le vin bouillant sur les feuilles et passer lorsque le liquide est froid. Sucrer fortement. Le vin sera meilleur et doué de propriétés encore plus toniques si on emploie pour le préparer un bon vin doux naturel (muscat ou banyuls).
Externe
La décoction peut être utilisée en gargarismes contre l’angine, en même temps qu’on boit la tisane. Elle sert aussi en lotions sur les plaies et les ecchymoses et en lavements contre la diarrhée.
Cataplasme de feuilles fraîches broyées, à appliquer sur les seins tuméfiés pour en soulager la tension.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Astringent
- Tonique
- Apéritif
- Fortifiant
- Antidiabétique
- Vulnéraire
[/wptab]
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Hysope
« Lave-moi avec l’Hysope et je serai net », dit le roi Salomon, qui employait cette plante sacrée avec le bois de Cèdre contre la lèpre. Au Moyen Age, sainte Hildegarde l’utilisait, associée à la Réglisse et à la Cannelle, comme « puissant remède des affections du foie et du poumon », et, unie à la tisane des quatre fleurs, « pour soulager les nonnes chez lesquelles le chant a provoqué de l’enrouement ».
De son côté, Trotula, la ‘Sage Matrone », une des gloires de la fameuse école de Salerne, la recommandait pour purger le poumon de son phlegme, surtout unie à la Figue.
De nos jours, c’est toujours contre les affections des bronches qu’on utilise l’Hysope. C’est un excellent expectorant, puis asséchant, qui favorise la respiration par action sur les centres nerveux. On le préconise contre la toux et l’oppression, les maladies de bronches avec essoufflement, contre m’asthme. Stimulant, il relève le tonus amoindri par la toux, mais les sujets nerveux, toutefois, ne doivent l’utiliser qu’à petites doses.
Pour l’usage externe, la plante est résolutive et vulnéraire. Elle entre d’ailleurs dans la composition de « l’alcoolat vulnéraire » officinal. On l’utilise en gargarismes dans les affections de la gorge et en cataplasmes contre les blessures, les ecchymoses, les entorses.
[wptab name=’Description’]Famille des Labiacées
C’est l’Esobh ou Herbe sacrée des Hébreux. Comme la Lavande et le Thym, l’Hysope est une plante familière des lieux arides de notre Provence. On emploie les feuilles mondées et les sommités fleuries, qui répandent une odeur forte et aromatique.
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[wptab name=’Utilisation’]Interne
Infusion. 20 g de feuilles et sommités fleuries par litre d’eau. Prendre 2 ou 3 tasses par jour.
Sirop. Se prépare avec une infusion concentrée, à raison de 100 g de plante par litre d’eau. Laisser infuser plusieurs minutes. Passer, ajouter 1,5 kg de sucre et laisser cuire jusqu’à l’obtention d’un sirop. Prendre 5 cuillerées à soupe par jour.
Externe
Infusion concentrée : en gargarismes ou en compresses chaudes.
[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Expectorant
- Asséchant
- Stimulant
- Vulnéraire
[/wptab]
[wptab name=’Soins’]
Esthétique
L’eau d’hysope, dérivée du processus de distillation de l’huile essentielle, a un caractère nettement masculin et représente un excellent tonique après rasage.
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Mûrier noir
L’écorce de la racine a longtemps passé pour purgative et ténifuge, mais, après les expériences du Dr Bérenger, elle a été rayée de la liste des ténifuges.
Les fruits, avant leur maturité, sont astringents et très acidulés (un litre de jus contient 20 à 25 g d’acide citrique). On employait ce jus, jadis, contre la diarrhée, la dysenterie, les crachements de sang, les règles trop abondantes. On prépare encore, avec les fruits récoltés avant complète maturité, un sirop très renommé, utilisé en gargarismes contre les maux de gorge ou comme boisson rafraîchissante.
A maturité complète, ces fruits deviennent laxatifs.
Les feuilles de Mûrier noir étaient depuis longtemps employées couramment en infusion contre le diabète.
Les travaux récents de Bart ont prouvé l’efficacité de ce traitement, qui permet d’entraîner la diminution, et même la disparition, de la glycosurie.
[wptab name=’Description’]Famille des Moracées.
Originaire de Perse, cet arbre au port élevé est acclimaté en France.
Le Mûrier blanc (Morus alba) est le Mûrier du ver à soie. Ses fruits, blancs, sont comestibles, mais ne doivent pas se substituer à ceux du Mûrier noir au point de vue médicinal.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Infusion de feuilles. 60 g par litre d’eau, dont on prend une tasse avant chaque repas, mais on utilise généralement l’extrait fluide pharmaceutique. Contre le diabète.
Décoction d’écorce. A absorber le matin à jeun, à la dose de 5 à 12 g pour un demi-litre d’eau. Comme purgatif.
Sirop de mûres. Se prépare, avant la maturité totale des fruits, avec 1 Kg de mûres et 1 Kg de sucre. Faire bouillir jusqu’à l’obtention d’un sirop et passer. Délicieux l’été, ajouté à de l’eau glacée.
Externe
On emploie le sirop pur ou coupé d’un peu d’eau pour les gargarismes.
Infusion de feuilles. En bains de bouche, elle est, paraît-il, efficace contre les rages de dents.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Purgatif
- Astringent
- Laxatif
[/wptab]
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Persil
Dodoens, un des grands botanistes flamands de la Renaissance, signale le Persil dans ses ouvrages comme étant un remède populaire de l’épilepsie, utilisé aussi dans l’asthme et la toux invétérée. Ces propriétés n’ont pas été retenues par la suite.
Les médecins de l’Antiquité, comme Galien et Constantin, puis plus tard Fernel et enfin Cazin ont employé la racine comme diurétique. Ils l’ont préconisée chaque fois qu’il y a œdème (cardiaque ou rénal) et dans les abcès du rein. En même temps qu’elle est diurétique, la racine de Persil est aussi apéritive, comme, d’ailleurs, les quatre autres racines (Ache, Asperge, Fenouil et Fragon) avec lesquelles elle s’unit dans le fameux « sirop des cinq racines ».
La plante entière avec semences contient un liquide huileux, l’apiol, isolé en 1849 par Homolle et Joret, auquel elle doit ses propriétés emménagogues et fébrifuges. Le Persil agit efficacement dans les cas de règles irrégulières, difficiles, douloureuses. Il calme la douleur et rétablit la régularité de la fonction menstruelle.
Les feuilles de Persil possèdent une extrême richesse en vitamines, en sels minéraux et en oligo-éléments qui mérite d’être signalée. Lucie Randoin et Paul Fournier, d’ailleurs, ont écrit : « Le Persil est réellement un aliment exceptionnel : tonique, antirachitique, antianémique, antiscorbutique, antixérophtalmique, on peut, sans exagération, le considérer comme l’un des plus précieux aliments de sécurité que la nature a mis généreusement à la disposition de l’espèce humaine ».
Les semences, comme les autres semences d’Ombellifères, jouissent de propriétés carminatives et stomachiques. Pour l’usage externe, les feuilles ont des propriétés résolutives, utilisées depuis longtemps en médecine populaire pour dissiper les engorgements laiteux et tarir le lait des nourrices, comme pour calmer les piqûres d’insectes, les irritations cutanées, les contusions et les ecchymoses. C’est également une plante embellissante, renommée pour éclaircir le teint et pour faire disparaître les taches de rousseur.
[wptab name=’Description’]Famille des Ombellifères.
Cette plante potagère bien connue serait originaire de la Sardaigne, et, en effet, on la rencontre à l’état spontané de l’Espagne à la Macédoine, en Algérie et ai Liban.
La médecine utilise la racine, les feuilles, les semences.
Connu des Grecs et des Romains, le Persil était considéré par eux à la fois comme condiment et comme remède. Par contre, l’époque de Charlemagne semble n’avoir considéré le Persil que comme plante culinaire.
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[wptab name=’Utilisation’]Interne
Décoction. 50 g de racine par litre à boire dans la journée, comme apéritif et diurétique.
Infusion. 4 à 8 g de semences par litre. Prendre 2 ou 3 tasses par jour comme carminatif.
Suc frais. Prendre 100 g par jour, comme emménagogue, 2 ou 3 jours avant l’arrivée présumée des règles. On peut aussi prendre une infusion de plante sèche à la dose de 30 à 60 g par litre, dont on boit 3 ou 4 tasses par jour.
Externe
Cataplasmes de feuilles fraîches pilées, contre les engorgements des seins et les ecchymoses. Dès qu’on vient d’être piqué par un insecte, frotter l’endroit douloureux avec des feuilles fraîches froissées entre les doigts.
Décoction. 50 g de feuilles de Persil par litre d’eau, qu’on laisse bouillir 10 minutes. Faire des ablutions deux fois par jour avec cette eau, contre les rougeurs des joues et contre les taches de rousseur.
Pour affiner les chevilles, il est recommandé de garder toute la nuit des compresses imbibées de cette décoction et maintenues par une bande Velpeau.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Diurétique
- Apéritive
- Emménagogue
- Fébrifuge
- Tonique
- Antirachitique
- Antianémique
- Antiscorbutique
- Antixérophtalmique
[/wptab]
[wptab name=’Soins’]
Esthétique
On peut obtenir une lotion tonique en faisant infuser dans un demi-litre d’eau, pendant une dizaine de minutes, de 10 à 15 grammes de persil. Filtrer, laisser refroidir et appliquer en compresse sur le visage.
On peut atténuer les taches de grossesse en utilisant cette même lotion, à laquelle on ajoutera le jus d’un citron.
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Adonis
C’est un des « pères allemands » de la botanique, Bock, dit Tragus, qui signala le premier, à l’époque de la Renaissance, les propriétés de l’Adonis. Utilisée autrefois contre les néphrites et l’urémie, c’est surtout comme tonique du cœur qu’on l’emploie de nos jours : elle fut signalée en 1879 par Budnow et étudiée par Fukelman et Chevalier, lesquels découvrirent son principe actif. L’adonis régularise les mouvements du cœur, agit sur la circulation sanguine et augmente la pression artérielle (son emploi est donc interdit aux personnes souffrant d’hypertension). Elle se place, d’après les auteurs, come une excellente médication intermédiaire entre la Digitale et le Stophantus. Tout en facilitant les fonctions du rein par son pouvoir diurétique, c’est à la fois un précieux tonique du cœur et un bon sédatif, qui possède, de plus, la faculté de s’éliminer très vite.
Moins puissant que la Digitale, certes, mais aussi moins toxique, l’Adonis se révèle comme un excellent remède ne nécessitant pas de pause dans le traitement, très recommandable aussi bien dans le cas d’insuffisance cardiaque que dans les cas de baisse de la tension artérielle (hypotension).
[wptab name=’Description’]Famille des Renonculacées.
On l’appelle aussi Adonide de printemps.
Il existe plusieurs Adonis, mais seule l’espèce vernalis est officinale. Elle pousse volontiers sur les plateaux calcaires des Causses et des Cévennes.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
2 g de feuilles dans 200 g d’eau bouillante à prendre en 24 heures, bien que l’Adonis soit surtout employée en pharmacie sous forme d’extraits aqueux ou alcooliques, ou sous forme de teinture.
[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Tonique
- Diurétique
- Sédatif
[/wptab]
[end_wptabset skin=”pepper_grinder” location=”top” width=”400 px” onhover=”1″ ]
Asaret
On utilisé jadis l’Asaret comme vomitif, avant l’importation de l’Ipécacuanha. Son nom de Cabaret lui vient de ce que, dans certains pays et particulièrement en Russie, on utilisé cette propriété émétique pour dissiper l’ivresse.
Le rhizome est, en outre, fortement purgatif. Toutefois d’après Brissemoret, il n’est actif qu’à l’état frais ou dans les six mois suivant la récolte.
A dose moins élevée, l’Asaret jouit de propriétés expectorantes, signalées par le Dr Leclerc, et on l’utilisait contre les catarrhes et la coqueluche. Le rhizome, réduit en poudre, est sternutatoire, mais on emploie plus spécialement les feuilles pulvérisées pour cet usage, soit seules, soit mêlées à d’autres substances comme dans la « poudre de Saint-Ange » (cette poudre était vendue à Paris comme remède secret).
L’Asaret du Canada (Asarum canadense), appelé souvent Wild Ginger, c’est-à-dire Gigembre sauvage, diffère par sa composition chimique de l’espèce européenne. On l’utilise comme stimulant et on le considère comme légèrement sudorifique. Mais on l’emploie aussi comme épice, en remplacement du Gingembre.
[wptab name=’Description’]Famille des Aristolochiacées.
Connue généralement sous son nom populaire, Oreille d’homme, la plante est parfois appelée Cabaret, Rondelle, Nard sauvage, Oreillette.
Cette petite plante toujours verte tapisse les rochers et les ruines dans les lieux humides et les bois ombragés.
La médecine employait le rhizome et les feuilles.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Poudre de rhizome sec. 1 g pour une tasse d’eau chaude (recommandé par le Dr Leclerc, comme expectorant).
Infusion. 3 à 4 feuilles par tasse d’eau bouillante, également comme expectorant.
Poudre de rhizome à la dose de 3 g comme émétique et purgatif, et infusion de feuilles, avec 6 à 10 feuilles par tasse d’eau bouillante, comme émétique et purgatif.
Externe
La véritable poudre de Saint-Ange, selon Guibourt, se composait, paraît-il, de 500 g d’Asaret, 12 g de Bétoine, 4 g de Verveine et 4 g de crapaud. Une autre formule, donnée par Baumé, sous le nom de « poudre capitale de Saint-Ange », se compose de 24 g de feuilles d’Asaret et de 1 g d’Ellébore blanc.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Vomitif
- Émétique
- Purgatif
- Expectorant
- Sternutatoire
[/wptab]
[end_wptabset skin=”pepper_grinder” location=”top” width=”400 px” onhover=”1″ ]
Jujubier
On a cru longtemps faire du Jujubier le lotos des Lotophages, ce « mets fleuri » tellement délicieux que les compagnons d’Ulysse en perdirent le souvenir de leur patrie et que celui-ci dut les garrotter pour les réembarquer de force.
Pourtant, il faut bien avouer que la Jujube ne possède aucune de ces qualités exceptionnelles. Assez insipide, elle est loin d’avoir le goût du miel, et il ne viendrait à l’idée de personne de manger les fleurs du Jujubier. Desséchées, elles sont adoucissantes et facilitent la toux en cas de rhume bénin ou d’enrouement (encore doivent-elles être en compagnie des figues, des raisins et des dattes pour former le mélange des « quatre fruits béchiques »).
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[wptab name=’Description’]Famille des Rhamnacées
Très commun en Algérie, cet arbrisseau épineux est propre à la région méditerranéenne. On utilise la drupe, appelée Jujube, grosse comme une olive, rougeâtre à l’extérieur, et dont la chair jaune, spongieuse, a une saveur douce et mucilagineuse.
[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
En dehors de leur utilisation dans la décoction des « quatre fruits béchiques ou pectoraux », on peut préparer avec les Jujubes une pâte.
Pâte. Enlever les noyaux des fruits et écraser la pulpe de façon à obtenir 400 g de pâte aussi fine que possible. Pétrir cette pâte avec 600 g de sucre fin. Aplatir au rouleau et mettre sur une plaque qu’on laissera 24 heures dans une étuve. Diviser en losanges. La pâte de Jujube du pharmacien n’est, en général, qu’un mélange de sucre et de gomme arabique parfumé à l’eau de fleur d’Oranger… sans Jujube.
[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Adoucisasnte
[/wptab]
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Ortie
Employées jadis comme révulsif rapide dans les cas de paralysie, les Orties sont réputées en médecine populaire comme un excellent astringent. On les utilise contre les hémorragies d’origines diverses : crachements de sang, règles trop abondantes, saignements de nez. Leurs vertus anti-diarrhéiques, vantées par le Dr Oudar, sont certaines et se montrent précieuses dans les diarrhées des tuberculeux et des affaiblis, les entérites muco-membraneuses.
Elles sont réputées dépuratives et très utilisées contre les dermatoses rebelles : eczémas, psoriasis, dartres.
Leur action stimulante sur toutes les sécrétions digestives (stomacales, pancréatiques, hépatiques et intestinales) est loin d’être négligeable.
Très revitalisantes, elles possèdent la même richesse et la même action que l’Epinard et répondent aux mêmes indications (elles lui sont même préférables chez les rhumatisants, car elles ne contiennent pas d’oxalates). On consomme encore les jeunes pousses cuites en légume, à la façon des Epinards, dans certaines campagnes, ou on les incorpore aux potages, auxquels elles communiquent un goût très apprécié. On préfère alors, pour cet usage alimentaire, la Petite Ortie, moins fibreuse.
Les Orties contribueraient, en outre, à faire baisser le sucre et se montreraient donc utiles dans le traitement du diabète.
La racine est un diurétique, vanté autrefois contre la rétention d’urine. Pour l’usage externe, les frictions et flagellations avec une poignée d’Ortie constituent de vieux remèdes révulsifs, préconisés contre les douleurs rhumatismales : ces procédés héroïques ne semblent plus guère prisés de nos jours. Par contre, l’Ortie est toujours renommée pour composer des lotions capillaires efficaces pour faire pousser les cheveux.
[wptab name=’Description’]Famille des Urticacées.
On utile en herboristerie la Grande Ortie (Urtica dioïca) et la Petite Ortie (Urtica urens), appelée aussi Ortie brûlante.
Très communes, les Orties sont des plantes vivaces et envahissantes qui pullulent dans les décombres, les lieux abandonnés, le long des chemins.
L’ortie romaine (Urtica pilulifera) a été jadis utilisée dans la diarrhée, mais ne semble plus guère être employée.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Suc. 100 g de plante fraîche par jour (contre les hémorragies, on mélange parfois ce suc avec celui de la Consoude).
Infusion. 30 à 60 g de feuilles par litre d’eau. Laisser en contact pendant 10 minutes et prendre une tasse avant les repas.
Sirop. Faire infuser 12 heures 250 g de feuilles de jeune Ortie avec un litre est demi d’eau bouillante. Filtrer, ajouter le double de poids de sucre. Porter à ébullition jusqu’à la consistance de sirop et prendre une tasse par jour en plusieurs fois.
Comme diurétique, la racine s’utilise en décoction, à raison de 30 à 40 g par litre. Laisser bouillir 10 minutes et boire en deux jours.
Externe
Les feuilles d’Ortie se mêlent à la Capucine et au Buis dans la lotion capillaire dont la formule est donnée à Capucine.
Avec la racine d’Ortie, on prépare une autre lotion capillaire, en faisant macérer 60 g de racine séchée avec 60 g d’Origan dans un litre d’eau-de-vie pendant un mois. Faire des frictions journalières avec cette lotion.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Révulsif
- Astringent
- Anti-diarrhéique
- Dépuratif
- Stimulant
- Revitalisant
- Diurétique (racine)
[/wptab]
[wptab name=’Soins’]
Esthétique
Pour fortifier et tonifier le cuir chevelu, on utilisera avantageusement une lotion confectionnée en broyant deux ou trois bonnes poignées d’orties. Le suc obtenu sera additionné de son volume d’eau. Cette préparation sera appliquée en frictions légères sur le cuir chevelu. Les peaux sèches ou sensibles se trouveront bien d’une lotion appliquée en compresses sur le visage et préparée en faisant infuser pendant un quart d’heure, dans un quart de litre d’eau, une poignée d’orties fraîches, préalablement hachées.
[/wptab]
[end_wptabset skin=”pepper_grinder” location=”top” width=”400 px” onhover=”1″ ]
Centaurée (Petite)
D’après la légende, elle guérit le Centaure Chiron d’une blessure au pied faite par Hercule. Elle était l’antidote préféré des druides, qui l’utilisaient contre les piqûres des serpents et des scorpions. Ils lui connaissaient déjà des propriétés fébrifuges, d’où son nom, en bas latin, de febrefugium.
Son pouvoir fébrifuge, presque égal à celui du Quinquina, l’a fait longtemps utiliser contre les fièvres intermittentes et les accès paludéens.
C’est aussi un excellent tonique contre les maux d’estomac : aigreurs, paresse du tube digestif. Elle est renommée contre les gastralgies des goutteux. Elle donne aussi de l’appétit. Précieuse dans les convalescences, elle s’utilise contre les pâles couleurs, l’anémie, la faiblesse générale.
[wptab name=’Description’]Famille des Gentianacées
Encore appelée Fiel de terre à cause de son amertume, Herbe à la fièvre, Herbe au Centaure, Herbe à Chiron
Commune dans les bois, les prairies humides, les terrains sablonneux.
[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Infusion. 10 à 30 g par litre d’eau. Prendre 3 tasses par jour, avant ou entre les repas. Très amer.
Vin. 50 à 60 g de plante par litre. Laisser infuser 48 heures, puis filtrer. Prendre 2 verres à bordeaux par jour avant chaque repas.
Externe
Décoction. 50 à 60 g par litre d’eau. Elle est employée en lotions pour soigner les plaies, les contusions, les ulcères scrofuleux ; elle donne, paraît-il, de bons résultats contre la chute des cheveux.
[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Fébrifuge
- Tonique
- Apéritive
[/wptab]
[wptab name=’Soins’]
Esthétique
Pour conserver leur précieux équilibre, les peaux normales ont besoin, entre autres, des principaux stimulants et tonifiants de la petite centaurée.
[/wptab]
[end_wptabset skin=”pepper_grinder” location=”top” width=”400 px” onhover=”1″ ]
Houblon
Il semble que les Anciens n’aient pas attaché grande importance au Houblon. Seul Pline le signale comme légume délicat et le gourmand Martial confirme cette opinion dans une de ses épigrammes.
De nos jours, les jeunes pousses de Houblon sont encore fort appréciées dans les régions productrices. Consommées crues, en salade, ou cuites, elles constituent un légume délicieux, dont les propriétés toniques, rafraîchissantes, diurétiques et antiscorbutiques sont renommées.
Ste Hildegarde fut la 1ère, sans doute, à attribuer au Houblon des vertus médicinales : encore l’utilisait-elle contre la mélancolie. L’Ecole de Salerne, quant à elle, ne nous parle que des vertus de la bière et néglige le Houblon (c’est vers le Ixème siècle que l’on aurait commencé à utiliser le Houblon dans la préparation de la bière, ainsi que le mentionne le polyptyque d’Irminon vers l’an 816).
Le médecins de la Renaissance, par contre, avec Mathiolle, mirent à profit ses propriétés “apéritives, dépuratives, fébrifuges et diurétiques”. Dodoens et Lémery le considèrent bon dans “les maladies du foye, de la ratte, pour purifier le sang, pour exciter l’urine”.
De nos jours, les phytothérapeutes modernes ont reconnu toutes ces propriétés et en ont ajouté d’autres. Tonique et stomachique par ses principes amers, le Houblon est utilisé avec succès dans le lymphatisme, l’anémie, le rachitisme, le manque d’appétit, la mauvaise assimilation. Il a aussi la réputation de calmer les douleurs d’estomac dues à un excès d’acidité et de diminuer la sécrétion exagérée d’acide. On le recommande même pour calmer les douleurs du cancer de l’estomac. C’est aussi un fébrifuge, que Cazin recommandait contre les “fièvres automnales” et un anthelminthique.
Pour l’Allemand Bohn, le Houblon est surtout un diurétique puissant qui élimine l’acide urique.
D’autre part, son huile essentielle lui confère des propriétés sédatives et même hypnotiques. C’est ainsi que l’Anglais Desroches le préconise dans l’insomnie que provoquent les douleurs rhumatismales, et qu’on place volontiers, outre-Manche, un oreiller bourré de cônes de Houblon sous la tête des insomniaques (procédé qui, paraît-il, rendit le sommeil au roi George III). Le Pr Renon a conseillé le Houblon pour rééquilibrer le système nerveux dans les névroses de guerre. D’autres médecins l’ont préconisé, conjointement avec la Valériane, dans les troubles nerveux en général, et dans ceux du retour d’âge en particulier, et dans les toux spasmodiques.
Par ailleurs, de nombreux praticiens ont constaté les propriétés anaphrodisiaques du Houblon et l’ont préconisé dans l’onanisme, la spermatorrhée, l’éréthisme génital, le priapisme douloureux de la blennoragie. Sédatif de l’appareil génital en général, le Houblon est précieux dans les règle douloureuses, les migraines et troubles nerveux qui les accompagnent.
Le Houblon n’est pas sans toxicité pour les ouvriers travaillant dans les houblonnières : il est irritant pour les muqueuses et son action narcotique cause quelques troubles : maux de tête, somnolence, engourdissement (le Houblon est de la même famille botanique que le Chanvre). D’autre part, le Houblon contient 2 à 30 mg d’oestrogènes par 100 g de cônes, et cette hormone pénètre dans l’organisme à travers la peau ; c’est pourquoi toutes les femmes occupées à la cueillette (et quel que soit le moment de leur cycle) sont réglées 2 jours après qu’elles ont commencé le travail.
[wptab name=’Description’]x
On l’appelle encore Vigne du Nord, Couleuvrée septentrionale, Salsepareille indigène.
D’origine probablement asiatique, le Houblon se rencontre dans les zones tempérées de l’Ancien et même du Nouveau Monde. Presque toujours cultivé, il existe néanmoins à l’état sauvage dans les bois frais et humides.
Le Houblon est surtout utilisé pour la fabrication de la bière.
[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Infusion. 10 à 15 g de cônes par litre d’eau ; tonique, apéritive et stomachique. Comme sédatif, augmenter la dose de cônes employée jusqu’à 40 g par litre.
Poudre de lupulin (fine poussière résineuse couvrant les cônes). 1 g comme calmant, 2 g comme hypnotique.
Teinture de lupulin. 10 g de lupulin dissous par trituration dans 90 g d’alcool à 90 °. Prendre 2 à 4 g par jour, selon l’effet désiré.
Externe
Les feuilles fraîches pilées sont renommées pour résoudre les abcès scrofuleux et les furoncles.
[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Tonique
- Stomachique
- Rafraîchissant
- Diurétique
- Antiscorbutique
- Apéritive
- Dépurative
- Fébrifuge
- Anthelminthique
- Anaphrodisiaque
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Esthétique
On pourra obtenir une bonne lotion tonique, à utiliser après le démaquillage, en faisant infuser deux pincées de cônes frais de houblon dans un demi-litre d’eau bouillante. Filtrer, laisser refroidir et lotionner le visage.
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