Plantes P, Q, R
Pin sylvestre
Possédant des propriétés antiseptiques et expectorantes connues de tous, les bourgeons de Pin sylvestre sont employés dans les catarrhes bronchiques, la grippe, les rhumes rebelles et les affections pulmonaires chroniques. On leur reconnaît aussi une action excitante et diurétique et leur usage s’étend au traitement des inflammations de la vessie, du rhumatisme, de la goutte, de la leucorrhée et des maladies de peau. Mais leur indication principale demeure le traitement des maladies des voies respiratoires.
En Allemagne, on prépare avec les aiguilles une « laine des forêts » (Waldwolle), servant à la matelasserie, et renommée pour en faire des matelas aux rhumatisants. On fait bouillir, pour l’obtenir, les aiguilles dans l’eau alcaline et on retire ensuite de cette eau « l’huile essentielle de bois » utilisée en bains contre la goutte et les rhumatismes. On prépare aussi un « sirop balsamique d’aiguilles de Pin ».
[wptab name=’Description’]Famille des Coniféracées.
Appelé aussi Pin sauvage.
Bel arbre de nos régions montagneuses, le Pin sylvestre pousse spontanément aux altitudes de 900 à 2 000 m, mais il est répandu même en plaine par la culture.
Le Pin maritime (Pinus maritima) a des aiguilles plus allongées et plus vertes que le Pin sylvestre. Moins haut que celui-ci, son écorce est rouge violacé.
On peut utiliser ses bourgeons comme ceux du Pin sylvestre et pour les mêmes usages.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Infusion. Faire infuser pendant une heure 25 à 40 g de bourgeons par litre d’eau. Sucrer fortement, car la tisane est très amère.
Sirop. Faire macérer 60 g de bourgeons, pendant une heure, avec 50 g d’eau-de-vie. Jeter ensuite un litre d’eau bouillante sur le tout. Laisser macérer de nouveau pendant 6 heures. Ajouter alors le même poids de sucre, après avoir filtré, et cuire au bain-marie jusqu’à l’obtention du sirop. Prendre 4 à 5 cuillérées à soupe par jour.
Externe
Décoction. 60 g par litre d’eau ; s’utilise en injections vaginales, en inhalations. Elle est aussi renommée pour lotionner les peaux rouges congestionnées, irritées (on peut aussi employer une décoction d’aiguilles).[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Purgatif
[/wptab]
[wptab name=’Soins’]
Influences Psychologiques
Le fait de marcher dans une pinède aide l’homme à retrouver le contact avec ses cycles vitaux et à entrer en harmonie avec les événements naturels.
L’essence de pin a un effet stimulant et dynamisant sur le cortex surrénal, la glande endocrinienne chargée de la réaction au stress. Elle est donc indiquée en cas de fatigue, de convalescence, de chute de la libido pour cause de surmenage.
Esthétique
On connaît l’action bénéfique des bains aux bourgeons de pin dans les cas de fatigue physique ou nerveuse, ainsi que pour conserver la beauté et la souplesse de l’épiderme. On utilisera alors une décoction de cinq à six poignées de bourgeons de pin préalablement séchés et bouillis pendant trente minute dans 5 ou 6 litres d’eau. Cette préparation sera versée dans l’eau tiède du bain.
Les bains, les bains de pieds ou les bains pour les mains sont indiqués en cas de sudation excessive.
[/wptab]
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Rose Rouge
Beaucoup d’auteurs ont attribué à la Rose rouge une grande efficacité contre la tuberculose. Inventée par les médecins arabes, la conserve de Roses, ou djelendjoubin, était considérée par Avicenne comme spécifique de la phtisie, et ce remède continua à avoir du succès auprès des médecins du Moyen Age et de la Renaissance.
Le Dr Roques préconisait encore au siècle dernier cette conserve de Roses, et le Dr Leclerc la recommandait en citant des observations médicales à l’appui. La valeur tonique de ce remède le rend utile, de toute manière, aux gens fatigués et débilités.
Tonique et astringente, la Rose rouge est aussi prônée, à l’instar de Cazin, dans les écoulements muqueux chroniques, la leucorrhée, les hémorragies et la diarrhée.
Au temps de Napoléon, cette Rose eut une telle réputation que les médecins-majors des armées impériales venaient en personne à provins pour se ravitailler en pétales séchés et préparés : on les utilisait dans la dyspepsie, les entérites, les maux de gorge, la débilité, les maladies de peau et les affections des yeux.
L’essence de Roses contient une substance fortement anesthésique qui explique l’utilisation de l’eau distillée de Rose comme collyre, pour calmer la douleur de l’inflammation. Sa valeur antiseptique, de plus, est considérable, puisqu’une communication faite à l’Académie des sciences révèle que, employée à 1 ou 2 p. 1000, elle a une action stérilisante aussi active qu’une solution à 5 p. 1000 de phénol. Des recherches récentes, faite par P. Tanret et L. Jacques, on montré qu’une macération aqueuse de Rose rouge était douée de propriétés antibiotiques puissantes contre des ennemis aussi sérieux que le staphylocoque, le colibacille, le protéus, le pyocyanique.
Pour l’usage externe, la Rose rouge est utilisée pour son astringence, en lavements contre la diarrhée, en gargarismes contre les angines, en injections contre les pertes blanches.
Elle est très utilisée pour les soins de la peau et entre à ce titre dans de nombreux remèdes : pommade rosat, eau distillée de Rose, vinaigre de rose, encore en usage dans le nord de la France, pour traiter les plaies qui suppurent.
Elle eut aussi une certaine réputation contre les hémorroïdes. Un texte ancien d’Assyrie-Babylonie, retrouvé dans les tablettes de Gilgamesh, donne une recette de « suppositoire », composé de pétales de Rose broyés et de térébenthine, à introduire dans l’anus « graissé avec de l’huile de Cyprès ». Arnaud de Villeneuve, célèbre médecin espagnol du Moyen Age, recommande la recette suivante dans son ouvrage Regimen sanitatis : « Faites bouillir dans l’eau un sachet composé de 3 parties de feuilles de Rose et de 4 de feuilles de Myrtille ; exprimez-le et que le malade y reste longtemps assis dessus, matin et soir » (en somme, une façon intelligente d’envoyer son malade dans les roses…).
La Rose à cent feuilles (Rosa centifolia) sert à préparer l’eau de Rose, ainsi que la Rose de Puteaux et la Rose de Damas.
La Rose sauvage est la fleur du Rosier sauvage ou Eglantier.
[wptab name=’Description’]Famille des Rosacées.
On l’appelle aussi Rose de Provins, Rose de France, Rose provinciale ou Rose de Champagne.
C’est une des Roses indigènes les plus cultivées pour la beauté et le parfum suave de ses fleurs veloutées, rouge foncé. On les récolte avant épanouissement pour l’usage médical.
Parfum : riche, rosacé, intense, doux
Action énergétique : yin
Planètes dominantes : Vénus, Jupiter
[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Infusion de pétales. 8 à 15 g par litre d’eau bouillante, dont on prend 2 ou 3 tasses par jour, entre les repas.
Le véritable djelendjoubin arabe (ou zuccar de Rose) se prépare « en faisant sécher à l’ombre des pétales de Rose rouge non encore complètement épanouie, jusqu’à résorption de l’humidité ; broyer alors dans un mortier de pierre en ajoutant le triple de leur poids en sucre blanc ; placer le tout dans un vase de verre bouché d’un parchemin et exposer 3 mois au soleil en remuant souvent. Conserver ensuite dans un endroit frais ».
On peut, plus simplement, préparer la conserve selon la recette du Dr Leclerc : broyer les pétales avec 3 fois plus de sucre et un léger sirop de sucre, de façon à obtenir une pâte de la consistance du miel. Prendre 50 à 60 g par jour entre les repas (les tuberculeux peuvent ajouter une forte pincée de poudre de Prêle).
La confiture de Roses, très efficace contre les diarrhées, se prépare en faisant infuser 60 g de pétales dans 2 litres d’eau bouillante. Laisser en contact 24 heures. Faire bouillir avec 1 Kg de sucre jusqu’à consistance de sirop. Absorber plusieurs cuillerées par jour jusqu’à la cessation complète des troubles.
Externe
Infusion concentrée, à raison de 50 à 60 g par litre d’eau bouillante pour les gargarismes, les lavements, les injections, les lavages des yeux enflammés.
Pour la beauté des yeux, des compresses froides imbibées de cette infusion sont excellentes, mais imbibées d’eau de Rose du commerce elles sont aussi radicales pour apaiser l’inflammation des paupières détendre et faire briller le regard.
Miel rosat. Appelé encore mellite de Rose, il se prépare en laissant infuser une demi-heure à feu doux 100 g de pétales dans 400 g d’eau bouillante. Passer et faire dissoudre 650 g de miel dans le liquide. A utiliser en collutoire ou à ajouter au liquide des gargarismes (30 g par tasse).
Pommade rosat. Sa réputation contre les gerçures des lèvres n’est plus à faire. Elle se prépare en faisant fondre à feu doux 50 g de cire blanche. Y mêler 100 g d’huile d’Amandes douces. Laisser refroidir et ajouter alors, en mélangeant bien, 50 cg de carmin délayé dans un peu d’huile et 10 gouttes d’essence de Roses.
Vinaigre rosat. Il se prépare en mettant à macérer 100 g de pétales séchés dans un litre de vinaigre blanc. On peut ajouter quelques racines d’Iris bien sèches, qui parfumeront davantage. Bien boucher et exposer 10 jours au soleil. On utilise ce vinaigre (à raison de 5 à 25 g par tasse) comme astringent à ajouter à l’eau des gargarismes et des injections, et à celle des ablutions pour les soins de beauté de la peau. Etendu d’eau bouillie, il stérilise et fait cicatriser les blessures ; il est souverain contre les coups de soleil.
Ne jamais utiliser d’instruments en fer pour toutes ces préparations.
[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Tonifiant
- Astringent
- Anesthésique
- Antiseptique
- Antibiotique
[/wptab]
[wptab name=’Soins’]
Influences Psychologiques
Elle élimine les humeurs colériques et l’amertume (elle adoucit et apaise). Son parfum donne un « coup de fouet » à l’esprit, c’est un antidépresseur qui combat les états d’abattement et de douleur.
L’essence de rose calme également les névroses anxieuses et les somatisations cardiaques, avec palpitations et accélération des battements.
Esthétique
L’eau de rose est un tonique astringent qui peut être utilisé soit comme démaquillant, soit comme lotion, pour le cou et le visage. On peut obtenir une eau de rose en faisant infuser, pendant une demi-heure, dans 1 litre d’eau bouillante la valeur de quatre ou cinq poignées de pétales secs de roses rouges. Filtrée, cette préparation peut être utilisée en compresses tièdes sur le visage. On peut la conserver trois ou quatre jours au réfrigérateur.
En compresses froides sur les paupières, cette lotion repose et embellit les yeux fatigués.
Depuis la nuit des temps, un flacon d’eau de rose fait partie des instruments de la toilette féminine et, appliquée délicatement sur la peau, elle l’aide à retrouver sa fraîcheur et son tonus.
Si l’eau de rose représente l’aspect le plus léger de la fleur, comme la rosée qui se pose sur la peau, l’huile a plus de corps, elle pénètre en profondeur, apaise et adoucit comme une caresse : la peau irritée, fatiguée et « stressée » est soulagée par la caresse de la rose, elle retrouve ce qu’elle perd quotidiennement, elle se calme et retrouve son équilibre.
L’huile essentielle de rose est, avec celle du jasmin, une alliée précieuse pour le traitement de tous les types de peau, en particulier en cas de problèmes de couperose, car elle a un effet astringent, prévient les rides et soigne les peaux rougies ou asphyxiées. Ajoutée à des crèmes ou des masques de beauté, en massage pour le visage et le corps, elle prévient le vieillissement et tonifie les tissus.
La rose, le jasmin et la fleur d’oranger sont les trois meilleures essences florales, les plus délicates et les plus coûteuses et elles sont toutes les trois très bénéfiques pour la peau. Utilisées en très petites quantités (une goutte de chacune), elles enrichiront un traitement de beauté du visage, le rendant digne d’une princesse de légende.
Intimité
Connue depuis des siècles comme aphrodisiaque, elle n’a pas un effet stimulant comme d’autres essences, mais agit sur la tension nerveuse, réconfortant le cœur et vivifiant l’esprit. Il semblerait qu’elle stimule la production de spermatozoïdes, qui diminue à cause d’un stress chronique, ce qui est souvent une cause de stérilité dans un couple.
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Pavot officinal
Les Assyro-Babyloniens utilisaient déjà le Pavot comme anesthésiant, ainsi d’ailleurs que les Hindous.
Mais ce sont surtout les Chinois qui mire en honneur, comme narcotique, le suc du Pavot ou opium. En dehors de la guérison, l’apaisement de la douleur n’a-t-il pas toujours été le but suprême de la médecine ? C’est pourquoi, de son côté, Sydenham a pu déclarer que « sans le suc de Pavot, la Médecine aurait été manchote et bancale ».
En France, les capsules de Pavots ne sont plus délivrées en pharmacie, en l’absence de prescription médicale, depuis le décret de 14 avril 1911.
Elles étaient utilisées après avoir été privées de leurs graines, qui sont dépourvues de pouvoir narcotique et apportent un élément huileux indésirable. On les employait comme sédatif général, comme calmant de la toux et de la douleur. Mêlées à la racine de Guimauve, elles permettent de préparer le « gargarisme calmant du Codex ». On les utilisait aussi en lavements contre les douleurs abdominales. Les feuilles de Pavot entrent dans la composition de baume Tranquille.
Quant à l’opium, il était un des éléments de la plupart des calmants et, à ce titre, il entrait dans plusieurs préparations galéniques, dont beaucoup sont abandonnées par la thérapeutique actuelle (extrait thébaïque, poudre de Dover, teinture d’opium, sirop diacode). D’autres sont encore utilisées (laudanum de Sydenham élixir parégorique), mais assez rarement, à titre d’antalgique. En pratique, de nos jours, on emploie plutôt la morphine, alcaloïde extrait de l’opium.
[wptab name=’Description’]Famille des Papavéracées.
On l’appelle encore Pavot à opium.
On emploie rarement les feuilles pour l’usage médical. Ce sont surtout les têtes ou capsules de Pavot, renfermant de nombreuses graines blanches, qui sont utilisées. En Orient, pour obtenir l’opium, on incise la capsule au moment où celle-ci passe de la couleur verte à la couleur jaune : c’est avec suc ou latex qui s’écoule qu’on prépare l’opium.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]En pratique, de nos jours, on emploie plutôt la morphine, alcaloïde extrait de l’opium.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Anesthésiant
- Narcotique
- Sédatif
- Antalgique
[/wptab]
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Raifort
Ses vertus ne sont pas sans rappeler celles de son cousin, le Cochléaria officinal. Comme lui, il est un des végétaux antiscorbutiques les plus puissants. Ses énergiques propriétés apéritives et stimulantes le font employer contre l’anémie et le manque d’appétit. Il tonifie l’estomac et en excite les sécrétions. Diurétique, on l’emploie aussi dans l’hydropisie, la goutte et les rhumatismes. Expectorant, on l’administre dans les catarrhes chroniques, l’asthme, la bronchite.
La racine de Raifort doit être récoltée à plus d’un an et à moins de deux ans. Elle ne perd pas ses propriétés par sa dessiccation lorsque celle-ci a été bien conduite, c’est-à-dire à la chaleur du soleil ou d’une étuve faiblement chauffée. A l’extérieur, le Raifort peut remplacer la Moutarde comme rubéfiant.
[wptab name=’Description’]
Famille des Cruciféracées. Cette plante est le Cochléaria de Bretagne, mais on l’appelle généralement Raifort. Elle porte encore les noms de Cran, Cranson, Moutarde des capucins.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Le Raifort, en condiment, convient admirablement aux charcuteries fumées, dont il aide la digestion.
Vin tonique et antianémique. Laisser macérer, durant 24 heures, 30 g de racine fraîche de Raifort dans un litre de vin blanc. On peut ajouter la même quantité de feuilles fraîches de Cochléaria (la racine de Raifort et les feuilles de Cochléaria sont souvent mêlées dans des compositions d’officine telle que le « sirop de Raifort composé », le « vin antiscorbutique », etc.). On prend un verre à madère de ce vin avant chaque repas. Cette même macération peut aussi être faite avec de la bière.
Infusion. 15 à 30 g par litre d’eau bouillante. On laisse macérer 12 heures et on prend deux tasses par jour entre les repas.
Sirop de Raifort. Pour les enfants lymphatiques, rachitiques, sans appétit, couper la racine fraîche en rondelles que l’on saupoudre de sucre. Laisser macérer dans un bocal de verre bien bouché. Recueillir le jus qui se forme et donner une cuillerée à soupe par jour.
Externe
Cataplasme rubéfiant de pulpe de racine fraîche râpée, dans la grippe, la bronchite aigüe, la congestion pulmonaire.
Poudre révulsive au Raifort. Pulvériser la racine soigneusement séchée. On se sert de cette poudre, qu’on peut éventuellement mêler au cinquième de son poids de farine de Moutarde, comme d’un sinapisme ordinaire.
Excitant fortement la sécrétion salivaire, on peut encor mâcher la racine pour combattre le déchaussement des gencives.
[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Antiscorbutique
- Stimulant
- Diurétique
- Expectorant
- Rubéfiant
[/wptab]
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Pissenlit
On utilise les feuilles et les racines, mais, en fait, les racines sont plutôt considérées comme médicales et les feuilles comme alimentaires : disons qu’on peut considérer ces dernières comme le type même du médicament-aliment. Dans les temps lointains, le suc du Pissenlit était considéré comme le spécifique des troubles de la vue. Il semble que cette vertu n’ait pas été démontrée.
Depuis bien longtemps, la médecine populaire reconnaissait à la racine de Pissenlit le pouvoir de stimuler les fonctions hépatiques. Cette propriété a été confirmée par Vignal, Brisemoret et Leclerc, qui l’employaient avec succès contre les congestions du foie. Des travaux ont prouvé que le Pissenlit agissait en augmentant la quantité de bile formée (une décoction de feuilles fraîches double le volume de bile excrétée, une décoction de racines fraîches le quadruple). En même temps, le Pissenlit augmente la contractilité de la vésicule biliaire et agit sur le foie lui-même. Il n’est donc pas étonnant que sa réputation soit si grande dans le traitement de l’insuffisance hépatique, des crises hépatiques douloureuses et des ictères. De plus, par l’intermédiaire de la fonction biliaire stimulée, il régularise les fonctions intestinales et combat remarquablement la constipation. Il agit efficacement contre différentes dermatoses et la cellulite, souvent en rapport avec une insuffisance hépatique. On l’utilise aussi dans le traitement de l’hypercholestérolémie et, par conséquent, de l’athéromatose.
Quant à ses vertus diurétiques, elles sont réelles et connues depuis longtemps, puisqu’il leur doit son nom imagé.
Le Pissenlit possède, en outre, des vertus apéritives et toniques ; c’est un reconstituant et un régénérateur du sang, qu’on recommande depuis bien longtemps contre les « pâles couleurs ».
Son usage procure aussi un effet embellissant, car on assiste rapidement à un éclaircissement du teint et au nettoyage de la langue. De plus, son suc frais appliqué sur les taches de rousseur les fait disparaître.
[wptab name=’Description’]Famille des Synanthéracées.
On l’appelle souvent Dent-de-Lion, mais aussi Salade-de-Taupe, Florion-d’or ou Couronne-de-Moine.
[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Les feuilles de Pissenlit, surtout celles du Pissenlit sauvage, ou, en tout cas, non étiolé, devraient être la salade préférée des hépatiques, des goutteux, des pléthoriques comme des anémiques.
Décoction. 30 à 60 g de racines et feuilles fraîches par litre d’eau. Faire bouillir une demi-heure, puis laisser infuser 4 heures (on peut aussi utiliser du vin). Prendre 2 verres par jour entre les repas.
Le Dr Leclerc conseille le glycéré alcoolique préparé avec 100 g de suc de racines fraîches, auquel on ajoute une cuillérée à soupe d’alcool à 90°, une cuillérée de glycérine et une d’eau. Prendre 1 à 2 cuillérées à soupe par jour du mélange.
Le Dr Decaux précise que les résultats du traitement dépendent beaucoup du mode de préparation de la plante et de l’époque où elle est récoltée. Il conseille uniquement le suc récolté en début d’automne, comme étant plus actif.
Externe
Décoction de racines. Elle nettoie la peau.
Suc frais du Pissenlit. Contre les taches de rousseur, on passe deux fois par jour du suc frais sur le visage et on se lave, deux fois par jour également, avec une décoction de fleurs « une poignée par tasse) bouillie 30 minutes. Les belles dames de la Renaissance utilisaient un mélange à parties égales de suc de Pissenlit et de crème de lait. Elles s’en frictionnaient doucement le visage pour en éliminer toutes les impuretés et obtenaient un teint radieux.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Hépatique
- Laxatif
- Hypocholestérolémiant
- Diurétique
- Apéritif
- Tonique
[/wptab]
[end_wptabset skin=”pepper_grinder” location=”top” width=”400 px” onhover=”1″ ]
Prêle
La prêle est tellement riche en silice que sa tige sert à polir les bois précieux. C’est un reminéralisant de premier ordre, que Louis Renon prescrivait pour accroître les défenses des tuberculeux. Elle est très recommandée pour prévenir la carie dentaire et pour remédier aux ongles fragiles, cassants et dédoublés.
C’est un bon diurétique que la médecine populaire utilise contre la gravelle et l’hydropisie, l’albuminurie et l’hypertension des pléthoriques.
C’est aussi un des meilleurs hémostatique, qui se montre efficace chaque fois qu’il y a saignement (hémorroïdes, saignements de nez, règles trop abondantes, hématuries).
Ses cendres constituent un très bon pansement absorbant contre l’aérophagie.
A l’extérieur, le Dr Leclerc recommande la prêle pour arrêter le sang des plaies et pour panser les hémorroïdes et les ulcères variqueux.
[wptab name=’Description’]
Famille des Equisétacées. On l’appelle le plus souvent Queue-de-cheval et, parfois, Queue-de-Renard, Herbe à récurer.
[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Décoction prolongée. De 50 à 60 g de plante sèche par litre d’eau (laisser bouillir une demi-heure au moins). Prendre un verre à bordeaux avant chaque repas.
Poudre de plante sèche. 1 à 2 g 2 fois par jour, pendant 20 jours par mois, contre la carie et la fragilité des ongles.
Contre l’aérophagie. Parfumer de la cendre tamisée de Prêle avec quelques gouttes d’essence d’Anis. Prendre un demi-gramme une demi-heure avant chaque repas. On peut manger les jeunes pousses de Prêle en salade, comme le font certains habitants de Toscane, depuis le temps des Romains.
Externe
Décoction forte et prolongée. (100 g par litre). Utilisée en lotions et compresses, comme hémostatique, contre les hémorroïdes et les ulcères variqueux (on peut aussi employer la plante fraîche broyée en cataplasmes). Cette décoction est aussi renommée, à parties égales avec la Sauge, contre la transpiration fétide des pieds.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Reminéralisant
- Diurétique
[/wptab]
[wptab name=’soins’]
Esthétique
Pour éviter la formation de caries dentaires, on peut utiliser une poudre obtenue en broyant assez finement la plante séchée. Employer cette poudre à sec en deux brossages, matin et soir.
Pour permettre à l’épiderme de conserver son velouté et sa souplesse, on peut utiliser une décoction obtenue en faisant bouillir, pendant une dizaine de minutes, de 20 à 25 grammes de la tige stérile de prêle préalablement trempée pendant plusieurs heures dans de l’eau froide. On appliquera ensuite cette lotion en compresse sur le visage.
[/wptab]
[end_wptabset skin=”pepper_grinder” location=”top” width=”400 px” onhover=”1″ ]
Primevère
Selon une longue tradition médicale venant de l’Antiquité, les thérapeutes ont longtemps considéré la Primevère comme le spécifique de la paralysie. Le Dr Chomel, médecin de Louis XV, qui nous apprend à cette époque la plante était déjà désignée sous son nom populaire d’Herbe à la paralysie, ajoute qu’elle guérissait surtout «la paralysie de la langue et le bégaiement ».
Le bon abbé Kneipp la préconisait contre l’arthrite : « Si vous avez une prédisposition à l’arthrite ou que vous souffriez déjà de cette maladie, buvez pendant un certain temps de la tisane de Primevère, chaque jour une tasse. Les douleurs seront atténuées et finiront par s’éteindre ».
Linné, de son côté, trouvait que les « fleurs sont sédatives, cament la douleur et provoquent le sommeil ». Ces propriétés calmantes et antispasmodiques furent mises à profit par Ray, Bartholin et Lieutaud, qui les utilisaient dans l’hystérie, l’apoplexie, les maux de tête, les vertiges, l’insomnie et les contractions nerveuses de l’estomac. Elles jouissent aussi de propriétés béchiques utiles dans les rhumes traînants.
La racine d’après de Dr Leclerc, a le pouvoir d’augmenter les sécrétions salivaires et bronchiques. Elle favorise donc l’expectoration et elle est très recommandée dans la bronchite, la pneumonie et la coqueluche. Le Dr Leclerc la préconise également dans le traitement des contusions et des enflures des membres blessés.
[wptab name=’Description’]
Famille des Primulacées. On l’appelle souvent Coucou, Herbe de Saint Pierre, Herbe à la paralysie.
[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Infusion de fleurs. On l’utilise contre la migraine, l’insomnie, la toux et les douleurs. D’un beau jaune d’or, elle répand un parfum agréable et sa saveur est délicieuse (infusée dans du vin, la fleur de Primevère lui donne du bouquet s’il en est dépourvu). On la prépare avec 4 à 6 g de fleurs par tasse d’eau bouillante. Infuser 10 minutes et prendre 3 tasses par jour, dont une au coucher.
Décoction de racine, pour favoriser l’expectoration. Elle se prépare avec 30 g de racine par litre d’eau. Laisser bouillir 5 minutes et infuser 10minutes. Prendre 3 tasses par jour, entre les repas.
Le parfum délicat de la fleur de Primevère la fait utiliser dans certaines régions pour parfumer la bière et l’empêcher d’aigrir, et par les Suédois pour préparer, par fermentation avec du miel, une liqueur appréciée.
Externe
Décoction forte de racine, à raison de 100 g par litre, bouillie 20 minutes ; elle s’utilise en compresses contre les ecchymoses et les contusions.
On emploie encore, mais beaucoup plus rarement de nos jours, le suc de la plante broyée sur les articulations goutteuses douloureuses et les piqûres des bêtes venimeuses.
L’huile obtenue par macération de fleurs au soleil, en flacons bien bouchés, pendant 6 semaines au moins, est encore renommée en frictions, dans certaines campagnes, contre les contusions, les douleurs musculaires et articulaires, les œdèmes à la suite de coups. Chez certaines personnes, le contact des Primevères sur la peau peut déclencher une dermatite particulière, appelée « dermatite primulaire » par le Dr Louis Ramond, donnant des plaques rougeâtres avec sensation de cuisson pénible et démangeaisons insupportables. Eviter, par conséquent, de s’asseoir en minijupe dans un champ de Primevères au printemps ou d’en porter dans l’échancrure de corsage.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Calmant
- Antispasmodique
- Béchique
[/wptab]
[end_wptabset skin=”pepper_grinder” location=”top” width=”400 px” onhover=”1″ ]
Pêcher
Parfumée et juteuse à souhait, la Pêche est aussi un des fruits les plus digestibles. Comme le dit le Dr Leclerc dans son livre les Fruits de la France, « elle facilite la digestion en stimulant les sécrétions des glandes et en réduisant au minimum le travail des parois musculaires ». Cuite, elle est encore mieux tolérée par l’estomac, même le plus délicat, et elle se révèle tout aussi délicieuse que crue. Légèrement diurétique, la Pêche est aussi laxative et dépurative.
Les feuilles et les fleurs de Pêcher jouissent de propriétés laxatives et on les emploie contre la constipation des enfants. Elles sont, en outre, vermifuges.
Diurétiques, on les a conseillées aussi contre la néphrite. Elles sont renommées depuis longtemps en médecine familiale pour leurs vertus sédatives. Elles conviennent admirablement aux enfants nerveux, surtout lorsque cette nervosité est le retentissement d’une constipation habituelle. Le Dr Leclerc les recommande aussi pour calmer la toux de la coqueluche.
Les musulmans du Maghreb, paraît-il, utilisent la décoction de feuilles afin de provoquer la stérilité.
[wptab name=’Description’]Famille des Rosacées.
Originaire de Chine, où on le cultivait déjà plus de 20 siècles avant notre ère, le Pêcher arriva en Europe à la fin de l’Empire Romain, par l’intermédiaire des Perses, comme l’indique son nom scientifique. L’herboristerie utilise les feuilles et les fleurs.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
On utilise indifféremment les feuilles et les fleurs ou un mélange des deux.
Infusion. 50 à 60 g par litre d’eau bouillante ou de lait. Les fleurs seules sont infusées, à raison de 10 à 25 g par litre (les fleurs qui tombent en abondance autour de l’arbre au moment de la floraison conviennent fort bien). Prendre 2 ou 3 tasses par jour de ces infusions.
Sirop. 1 Kg de suc de fleurs extrait par broyage, et 1,900 Kg de sucre. On fait fondre l’ensemble au bain-marie couvert. On peut le préparer plus simplement, en médecine familiale, avec une infusion corsée de fleurs (100 g par litre environ), à laquelle on ajoute le même poids de sucre ou de miel et que l’on cuit au bain-marie jusqu’à l’obtention d’un sirop. Pour les enfants, la dose de sirop est de 8 à 30 g par jour. Agréable à boire, il est facilement accepté.
Pour bénéficier pleinement des qualités diurétiques et dépuratives de la Pêche, il est recommandé d’en manger quelques-unes à jeun ou d’en boire le jus avant le petit déjeuner.
Externe
Contre les vers intestinaux, on utilise parfois l’infusion de feuilles de Pêcher en lavements ou encore on prépare des cataplasmes de feuilles, fleurs et amandes de Pêche broyées, qu’on applique sur le bas-ventre des enfants.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Digestif
- Laxatif
- Dépuratif
- Diurétique
- Sédatif
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[wptab name=’Soins’]
Esthétique
Pour avoir un joli teint velouté, voici une recette simple, naturelle et efficace. Ecraser la valeur de deux pêches bien mûres et appliquer la pulpe ainsi obtenue sur le visage après s’être allongé dans le calme. Conserver ce masque pendant une bonne vingtaine de minutes. Passé ce temps, rincer soigneusement à l’eau de pluie ou à l’eau minérale.
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Ricin
Les Egyptiens furent les premiers, croit-on, à utiliser le Ricin comme purgatif, et les Recette du coffret d’or, de Tchang-King, nous prouvent que, très tôt, les Chinois l’employèrent pour ce même usage. Au XVIIIème siècle, le Ricin était devenu, en France, le purgatif le plus populaire, et il l’est demeuré de nos jours.
Les graines de Ricin sont dangereuses et ne sont jamais utilisées directement : quelques unes suffisent à produire un effet purgatif d’une violence extrême.
On utilise toujours uniquement l’huile extraite de ces graines. L’huile de Ricin ne doit jamais être employée comme purge après la plupart des anthelminthiques végétaux ou chimiques, car elle diminue leur action et favorise la survenue de phénomènes d’intolérance. Pour l’usage externe, les feuilles de Ricin ont des propriétés émollientes et galactogènes, et on les utilise contre les douleurs de l’arthrite, l’inflammation des yeux, et pour augmenter la sécrétion du lait.
L’huile de Ricin, outre ses usages industriels, est très employée dans les brillantines, certaines lotions capillaires, et dans des pommades contre les maladies de peau.
[wptab name=’Description’]Famille des Euphorbiacées.
Originaire de l’Inde et probablement aussi du nord-est de l’Afrique, le Ricin est cultivé dans le midi de la France : arbre dans les pays chauds, il n’atteint chez nous que la taille d’une plante élevée.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
On préparait autrefois, en Provence, l’huile de Ricin pour l’usage familial, en faisant infuser les graines dans l’eau bouillante et en recueillant l’huile qui surnageait.
La dose pour un adulte est de 5 g à 10 g comme laxatif, 15 à 40 g comme purgatif (mais une cuillerée à soupe, soit 15 g, suffit souvent). On l’absorbe dans un excipient quelconque, Café ou jus d’Orange en général.
Externe
Les feuilles fraîches s’utilisent en cataplasmes.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Purgatif
- Emollient
[/wptab]
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Pâquerette
La Pâquerette a été autrefois un vulnéraire très employé dans les campagnes. On l’utilisait pour remédier aux chutes et aux coups, aussi bien comme remontant interne, qui dissipait les maux de tête et les réactions émotives succédant à l’accident, que pour résorber à l’extérieur les contusions et œdèmes.
En dehors de cette utilisation principale de la modeste petite Pâquerette, on l’utilisait aussi comme diurétique, utile dans les affections rhumatismales, l’hydropisie, la gravelle, et comme sudorifique, précieux chaque fois qu’il fallait provoquer une salutaire réaction de l’organisme. C’est ainsi que les paysans ont longtemps employé la décoction chaude de Pâquerette pour faire avorter la pleurésie. Et, les jours de pénurie, ses jeunes feuilles fournissaient une agréable salade ou épaississaient un potage…
Il semble que, de nos jours, cette timide se soit laissé oublier. Seule l’homéopathie pense encore à elle en conseillant la « teinture de Bellis perennis » pour nettoyer et guérir les plaies.
[wptab name=’Description’]Famille des Synanthéracées.
On l’appelle souvent Petite Marguerite.
La Pâquerette est souvent cultivée dans les massifs en variété améliorée, à fleurs doubles et de coloris divers.
La Grande Marguerite ne paraît pas réunir l’unanimité des auteurs autour de ses propriétés. Certains la classaient comme apéritive, diurétique, dépurative. D’autres comme Ray, la recommandaient contre l’asthme et la phtisie. Dans le doute, abstiens-toi… Aussi la Grande Marguerite n’est plus utilisée de nos jours.[/wptab]
[wptab name=’Utilisation’]Interne
Macération à froid, pendant 48 heures, de deux poignées de plante fraîche, fleurs et feuilles, dans du vin blanc.
Externe
Cette macération peut servir à bassiner les coups et blessures.
Cataplasme. Plus utilisé, il est fait de fleurs pilées, contre les coups, contusions, entorses, ecchymoses.[/wptab]
[wptab name=’Propriétés’]
- Vulnéraire
- Diurétique
- Sudorifique
[/wptab]
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